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15 July 2026

BONNE FÊTE NATIONALE FRANCE !!! VIVE LA RÉPUBLIQUE !!! 13 et 14 JUILLET 2026 & L'Europe se défendra « par le sang, s'il le faut », promet Macron & Washington et Lafayette SEPTEMBRE 2007 & 13 JUILLET 2026

 


Un contingent militaire ukrainien a participé au défilé du 14 juillet à Paris. Le président Emmanuel Macron a dédié le défilé à l'Ukraine.

L'Amérique ferait bien de se souvenir de tout ce que la France a fait pour nous aider à obtenir notre indépendance du Royaume-Uni et depuis lors, et de la remercier de temps en temps, malgré l'ignorance de mon président Trump, de mon vice-président Vance, de leur cabinet fasciste et du parti républicain, gardien des préjugés. Washington et Lafayette, d'après le Smithsonian Magazine . Que Dieu bénisse la France !

L’Europe se défendra « dans le sang, s’il le faut », promet Macron


Le président français, Emmanuel Macron, s'est exprimé devant une réunion de plus de 25 alliés à Paris, en signe de soutien à l'Ukraine et contre la Russie.


Le président français Emmanuel Macron a déclaré lundi que les Européens étaient prêts à défendre leur continent, « au prix du sang, s’il le faut », alors qu’il réunissait plus de 25 dirigeants pour une démonstration de soutien sans faille à l’Ukraine.

À la veille du 14 juillet, fête nationale française, les dirigeants se sont réunis pour consolider les plans d'une force multinationale, connue sous le nom de coalition des volontaires, qu'ils déploieraient à la suite d'un cessez-le-feu entre l'Ukraine et la Russie afin de renforcer l'armée ukrainienne et de stabiliser le pays.

En préparant le terrain pour ce rassemblement, M. Macron a prononcé lundi matin ce qui s'apparentait à son discours d'adieu aux militaires français. Il s'agissait du dernier de ces discours annuels avant son départ de la présidence en mai prochain, et il en a profité pour souligner les progrès accomplis par la France, et l'Europe, en matière de défense.

« Le message que nous envoyons au monde est celui-ci », a déclaré M. Macron. « Oui, la paix est notre objectif. Oui, nous chérissons la liberté et le droit. Et oui, nous sommes prêts à nous battre pour les défendre, toujours et, s’il le faut, au prix du sang. »


Ces déclarations reflétaient une volonté plus générale des dirigeants européens d'afficher leur force, alors que les États-Unis se désengagent de leur rôle de garant de la sécurité européenne, rendant ainsi l'Europe plus vulnérable aux menaces d'une Russie hostile. L'Europe demeure relativement mal préparée à un conflit majeur, mais elle a considérablement augmenté ses dépenses militaires au cours de la dernière décennie, en partie sous la pression de M. Trump.


M. Macron a souligné la croissance du budget militaire français durant ses presque dix années au pouvoir : de 32 milliards d’euros (37 milliards de dollars) en 2017 à 57 milliards d’euros (65 milliards de dollars) cette année. Les dépenses auront doublé d’ici la fin de son mandat, a-t-il affirmé, compte tenu de l’augmentation budgétaire approuvée par le Parlement.

S’exprimant dans un style grandiose qui lui est propre, M. Macron a décrit l’autonomie stratégique comme « cette indépendance d’analyse, de décision et d’action, cette liberté de cœur, cette ambition pour notre pays », ajoutant que c’est ce qui « fait la grandeur de la France ».


Cela contrastait avec la première année de mandat de M. Macron. Cette année-là, le général Pierre de Villiers, chef d'état-major des armées françaises – le plus haut gradé de l'armée de terre – avait démissionné brutalement après un désaccord avec le nouveau président concernant le projet de son gouvernement de réduire le budget militaire. Cet incident avait laissé des traces d'amertume entre M. Macron et les commandants militaires français, qui avaient mis des années à s'estomper complètement.


En réunissant les dirigeants des autres pays, M. Macron espère tirer parti de la nouvelle dynamique qui anime l'Ukraine, laquelle a remporté des succès militaires face à la Russie et s'est attiré un respect renouvelé, y compris de la part du président Trump. Ce dernier a récemment approuvé des licences permettant à l'Ukraine de fabriquer des systèmes de défense aérienne Patriot , une demande de longue date du président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Pour aider l'Ukraine à accélérer le développement d'une industrie nationale de défense aérienne, la France a annoncé lundi qu'elle rejoignait huit autres pays européens — dont la Grande-Bretagne et l'Allemagne — pour former une coalition dite antibalistique.

« Nous pensons que la protection de l’Europe exige une solution globale d’architecture de défense antimissile intégrée pour dissuader et contrer les futures menaces de missiles — développée grâce à un effort collectif, à l’ouverture technologique et à une coopération industrielle de confiance », ont déclaré les membres de la coalition dans une déclaration commune.

Les missiles antibalistiques devaient être au cœur des discussions lors de la réunion à laquelle M. Zelensky a participé. Outre les licences de fabrication des missiles Patriot, la France et l'Espagne accélèrent le développement d'une nouvelle génération d'intercepteurs qui seraient déployés en Ukraine pour contrer les tirs massifs de missiles balistiques russes.

Les dirigeants européens ont été rassurés par l'approche plus conciliante de M. Trump envers l'Ukraine, tant lors du sommet du G7 à Évian-les-Bains le mois dernier qu'au sommet de l'OTAN la semaine dernière à Ankara. Le soutien de M. Trump est jugé crucial car les forces européennes d'après-guerre dépendront toujours de la protection des États-Unis contre d'éventuelles attaques russes contre leurs troupes.

La coalition, lancée par la France et la Grande-Bretagne en 2025, comprend désormais 37 pays, avec l'ajout récent de la Moldavie et de la Macédoine du Nord.


Mark Landler est le chef du bureau parisien du New York Times, où il couvre la France ainsi que la politique étrangère américaine en Europe et au Moyen-Orient. Il est journaliste depuis plus de trente ans.

Notre couverture de la guerre en Ukraine






Washington et Lafayette

Washington et Lafayette

Grâce à une riche documentation historique, nous n'avons pas besoin d'imaginer la réaction du général George Washington lorsqu'il fut présenté, le 31 juillet 1777, au dernier « major général » français que lui imposait le Congrès continental, un aristocrate à peine sorti de l'adolescence. Pratiquement depuis qu'il avait pris le commandement de l'armée coloniale, environ deux ans auparavant, Washington s'efforçait de repousser un flot de comtes, de chevaliers et de volontaires étrangers de moindre envergure, dont beaucoup affichaient une arrogance démesurée, une faible maîtrise de l'anglais et un intérêt moindre pour la cause américaine que pour des motivations allant de la vanité militaire à la fuite devant le shérif.

Le Français qui se présentait à présent à George Washington dans la capitale coloniale, Philadelphie, était le marquis de Lafayette, âgé de 19 ans, venu en Amérique principalement en raison de son immense fortune. Bien que le Congrès ait assuré à Washington que la commission de Lafayette était purement honorifique, personne ne semblait l'avoir précisé au marquis, et deux semaines après leur première rencontre, Washington adressa une lettre à Benjamin Harrison, un autre Virginien siégeant au Congrès, se plaignant que ce nouveau venu français s'attendait à commander une division ! « Quelle conduite dois-je adopter pour me conformer aux desseins et aux attentes du Congrès ? Je n'en sais pas plus qu'un enfant à naître et je vous prie de m'éclairer », s'indigna le commandant.

Il est difficile d'imaginer une alliance bilatérale, censée être amicale, plus tendue que celle qui unit la France et les États-Unis. En 1800, lorsque Napoléon mit fin à des années d'attaques françaises outrancières contre la marine marchande américaine par un nouveau traité commercial, il qualifia ce long et acrimonieux conflit de « querelle familiale ». En 2003, lors de leur confrontation tendue au sujet de la guerre en Irak, le secrétaire d'État Colin Powell rassura l'ambassadeur de France aux États-Unis, alors très affecté, en lui rappelant que l'Amérique et la France avaient traversé deux siècles de « thérapie conjugale, mais que le mariage… restait solide », une analyse largement appréciée qui n'apporta qu'une brève accalmie aux échanges diplomatiques.

D'autres ont décrit la relation franco-américaine comme celle de « républiques sœurs » nées de « révolutions sœurs ». Dès lors, l'origine du conflit franco-américain n'est pas difficile à cerner, puisque les parents de ces deux républiques se vouaient une profonde haine. Jamais rivalité nationale n'a été plus féroce que celle qui opposa l'Ancien Régime des Bourbons et l'Angleterre hanovrienne, bien qu'ils partagèrent la conviction de la profonde insignifiance des colonies américaines. En tant que puissances coloniales, la métropole de Washington et la patrie de Lafayette voyaient l'Amérique du Nord principalement comme un terrain propice au braconnage et au pillage, un enjeu potentiel dans leur guerre intestine et un marché restreint mais facile d'exploitation de populations primitives et marginales vivant dans les forêts et vêtues de peaux de bêtes. De leur côté, les colons américains considéraient les Britanniques comme leurs oppresseurs et avaient tendance à voir les Français comme des accapareurs de terres frivoles et insouciants, envoyés par le pape pour inciter aux massacres d'Indiens.

Compte tenu de ces perceptions et des suivantes, on peut légitimement s'interroger sur la présence d'une statue de Washington place d'Iéna à Paris, et sur ce que fait celle de Lafayette sur Pennsylvania Avenue, face à la Maison-Blanche, dans le parc Lafayette. À l'heure où la civilisation occidentale est confrontée à un défi géopolitique qui exige bien plus qu'une simple coopération franco-américaine, la question est loin d'être futile.

La réponse tient d'abord au fait que les révolutions française et américaine étaient comme des cousines éloignées, et que la Révolution française fut incomparablement plus importante pour les États-Unis que l'indépendance américaine ne l'a été pour la France. Pour les gouvernements révolutionnaires français, l'Amérique n'avait d'importance que dans son statut de créancier. En revanche, sur le plan politique américain – alors même que les jeunes États-Unis s'efforçaient de parvenir à un consensus sur leurs formes de gouvernement et leur identité nationale – la Révolution française posa la question centrale : fallait-il suivre le modèle égalitaire et républicain de la société française ou une version modifiée de la constitution britannique, avec roi, lords et communes ? C'est dans le creuset du débat sur le choix entre la voie britannique et la voie française que les citoyens des États-Unis allaient découvrir ce que signifiait être Américain.

L'amitié entre Washington et Lafayette paraît, à certains égards, aussi improbable que l'amitié franco-américaine, presque comme le point de départ d'une plaisanterie : qu'est-ce qu'un pionnier virginien, décrocheur scolaire, peut bien avoir en commun avec un riche aristocrate français qui a appris l'équitation en compagnie de trois futurs rois ? Ou comment appeler un optimiste arrogant dont le meilleur ami est un solitaire taciturne ? Lafayette prenait les gens dans ses bras et les embrassait sur les deux joues. Washington, lui, ne le faisait pas. Un jour, Alexander Hamilton proposa d'offrir un dîner à Gouverneur Morris s'il acceptait de taper sur l'épaule de Washington et de lui dire combien il était heureux de le revoir. Lorsque Morris s'exécuta, Washington, sans un mot, retira simplement la main de Morris de la manche de son manteau et le figea d'un regard.

Washington et Lafayette partageaient une caractéristique fondamentale : ils étaient tous deux aristocrates au sein d'une monarchie. Washington s'était fait tout seul, tandis que Lafayette était né dans une famille noble. Tous deux appartenaient à une chaîne de faveurs et de patronage remontant jusqu'au roi, dans un monde où le statut ne s'acquérait pas, mais se conférait. En ce sens, ils furent élevés pour être des courtisans plutôt que des patriotes. La flatterie dont Washington fait preuve dans ses premières lettres au gouverneur royal de Virginie et à d'autres hauts fonctionnaires est parfois pénible à lire. Quant à Lafayette, bien qu'il ait décliné une offre d'emploi à la cour et se soit plaint des comportements serviles et obséquieux qu'il y observait, c'était son univers, son milieu. À leur époque, la notion d'égalité était presque inconcevable. Les distinctions de rang étaient implicites dans le langage courant, trop profondément ancrées pour être remarquées, même lorsqu'elles étaient vivement ressenties, comme c'était souvent le cas. La liberté, elle aussi, était un concept étrange. Dans les colonies comme en France, le mot « liberté » désignait généralement un privilège traditionnel ou nouvellement octroyé, tel qu'une exemption d'impôt. Le modèle d'« indépendance » que Washington avait en tête était celui du gentilhomme virginien, dont les biens et la fortune le mettaient à l'abri de toute dépendance, même envers des amis influents. Se déclarer indépendant revenait à se déclarer aristocrate.

Au XVIIIe siècle, en Amérique, en France comme en Grande-Bretagne, la réussite personnelle se mesurait par la « renommée », la « gloire » ou le « caractère », termes qui ne désignaient ni la célébrité ni le courage moral, mais la réputation d'une personne, également appelée son « honneur ». Cette forme de reconnaissance n'était pas une popularité facile, déconnectée de tout mérite, comme ce fut le cas à une époque où l'on pouvait devenir célèbre simplement par sa notoriété. La renommée et ses synonymes signifiaient une éminence illustre, une stature acquise grâce à une vie marquante. La quête de la gloire n'était pas particulièrement conforme aux valeurs chrétiennes ; elle appelait à l'affirmation de soi plutôt qu'à l'abnégation, à la compétition plutôt qu'à l'humilité. Mais ni Washington, ni Lafayette, ni la plupart de leurs compagnons révolutionnaires n'étaient, en réalité, de fervents chrétiens, même s'ils appartenaient à une confession religieuse. (Interrogé sur l'absence de mention de Dieu dans la Constitution, Hamilton aurait répondu : « Nous avons oublié. ») Cette réponse s'inscrivait dans l'esprit intellectuel de l'époque, marquée par la confiance des Lumières dans l'observation, l'expérimentation empirique et l'application rigoureuse de la raison fondée sur les faits. La certitude d'une vie après la mort était discréditée, au même titre que la foi et la métaphysique, et sans perspective d'immortalité spirituelle, le meilleur espoir d'échapper à l'oubli résidait dans l'acquisition d'une place dans l'histoire. Dans le monde de Washington et de Lafayette, la gloire était ce qui se rapprochait le plus du paradis.

Se retrouvant à la tête de la lutte pour le droit de devenir autre chose que ce que leur destin leur avait imposé la naissance, Washington et Lafayette durent, chacun à sa manière, conquérir leur propre indépendance ; et les observer dans cette quête – passant de sujets courtisans à citoyens patriotes – est une façon d’assister à la naissance d’un monde radicalement nouveau, un monde où la valeur d’une vie n’est pas extérieure et conférée, mais peut être gagnée par ses propres efforts.

À l'instar des autres pères fondateurs de ce nouveau monde, Washington et Lafayette ont d'abord cherché à incarner l'idéal qu'ils aspiraient à avoir. Si leurs motivations étaient parfois complexes, leur engagement, lui, était inébranlable. Au fil du temps, dans une sorte d'alchimie morale et politique, les aspirations à la gloire et à la renommée se sont muées en valeurs plus nobles, et leurs vies sont devenues le reflet de principes élevés. Cette transformation ne s'est pas opérée du jour au lendemain – elle demeurait d'ailleurs inachevée même à la fin de leur vie – mais elle a commencé peu après leur rencontre.

Washington a toujours affirmé que le livre qui lui avait le plus appris sur l'entraînement militaire était les Instructions à ses généraux de Frédéric le Grand, le manuel de référence pour la gestion d'une armée dirigée par des officiers aristocrates. Dans une telle armée, les soldats n'étaient que chair à canon. Les officiers étaient censés servir par amour de la gloire et par loyauté envers le roi, mais leurs hommes – pour la plupart mercenaires, criminels et vauriens – ne devaient pas songer à la cause pour laquelle ils combattaient (ni à quoi que ce soit d'autre, d'ailleurs), car la réflexion menait à l'insubordination. Maintenir des distinctions sociales marquées était considéré comme essentiel pour une armée dont les hommes n'iraient au combat que s'ils craignaient davantage leurs officiers que l'ennemi. Sans surprise, le manuel de Frédéric commence par quatorze règles visant à prévenir la désertion.

Dès le début de la guerre d'Indépendance, Washington adopta les interdictions de Frederick. « Un lâche », écrivait-il, « à qui l'on a appris que s'il rompt les rangs, il sera puni de mort par son propre parti, prendra le risque de se battre contre l'ennemi. » Même les appels au combat les plus nobles de Washington comportaient un avertissement : les lâches seraient fusillés.

Ce n'est qu'à Valley Forge, début 1778, avec l'arrivée du baron Friedrich Wilhelm von Steuben, un vétéran du corps des officiers de Frederick, mais un homme dont la vision dépassait largement sa propre expérience, que cette attitude commença à évoluer. Washington le nomma inspecteur général de l'Armée continentale, espérant que Steuben transformerait cette masse hétéroclite en une force combattante. Ce qu'il fit, mais d'une manière bien différente de ce qu'avait imaginé Washington. Dans le manuel que Steuben rédigea pour cette armée américaine, le thème le plus marquant était l'amour : l'amour du soldat pour son camarade, l'amour de l'officier pour ses hommes, l'amour de la patrie et l'amour des idéaux de sa nation. Steuben pressentait manifestement qu'une armée populaire, une force de citoyens-soldats luttant pour la liberté face à l'oppression, serait motivée avant tout non par la peur, mais, comme il le disait, par « l'amour et la confiance » — l'amour de leur cause, la confiance en leurs officiers et en eux-mêmes. « Le génie de cette nation », expliquait Steuben dans une lettre à un officier prussien, « n'est en rien comparable à celui des Prussiens, des Autrichiens ou des Français. Vous dites à votre soldat : ​​"Faites ceci", et il le fait ; mais je suis obligé de lui dire : "Voici pourquoi vous devriez faire cela", et alors il le fait. »

Lorsque Washington prit le commandement à Boston en 1775, il fut choqué par l'attitude égalitaire des officiers et des soldats de Nouvelle-Angleterre : ils fraternisaient ! « Les officiers de l'armée du Massachusetts, écrivit-il avec incrédulité à un compatriote virginien, sont presque aussi proches que les simples soldats. » Il avait pris des mesures énergiques pour y mettre un terme. Sous l'influence de Steuben, cependant, Washington commença à adoucir son attitude. Ce changement se traduisit par une nouvelle politique annoncée six semaines après le début de la formation de Steuben : désormais, déclara Washington, les officiers ne monteraient à cheval avec leurs hommes qu'en cas d'absolue nécessité, car il était important que chaque officier « partage la fatigue et les dangers auxquels ses hommes sont exposés ».

Motiver les soldats par l'affection et l'idéalisme présentait d'importants avantages pratiques. Le risque de désertion étant moindre, les forces continentales pouvaient être divisées en unités plus petites, nécessaires à la guérilla. Cela encourageait également les engagements à long terme. Lors des inspections, un des instructeurs de Steuben demandait à chaque homme la durée de son engagement. Si celle-ci était limitée, il poursuivait son inspection habituelle, mais lorsqu'un soldat s'exclamait : « Pour la guerre ! », il s'inclinait, saluait d'un geste et disait : « Monsieur, je vois que vous êtes un gentleman, et je suis heureux de faire votre connaissance. » Un soldat et un gentleman ? C'était un concept novateur pour une armée d'un genre nouveau.

Deux ans plus tard, à l'approche de Yorktown, Washington ordonna aux troupes d'« Anthony le Fou » Wayne et de Lafayette de se diriger vers le sud pour défendre la Virginie. Tous deux furent immédiatement confrontés à des mutineries : Wayne parce que ses hommes n'avaient pas été payés depuis des mois, Lafayette parce qu'on avait annoncé aux siens que la marche ne durerait que quelques jours. Wayne réagit en convoquant immédiatement une cour martiale, en faisant exécuter six des meneurs de la mutinerie et en obligeant les autres à défiler devant les cadavres – ce qu'ils firent, « muets comme des poissons », se souvint un témoin – sur le chemin de la Virginie.

Lafayette annonça à ses hommes qu'ils étaient libres de partir. Devant eux, leur dit-il, se dressaient une route difficile, de grands dangers et une armée supérieure en nombre, déterminée à les anéantir. Lui-même comptait bien affronter cette armée, mais quiconque ne souhaitait pas combattre pouvait simplement demander une permission pour retourner au camp, qui lui serait accordée. Face à l'alternative de se battre ou de se déclarer lâches et antipatriotiques, les hommes de Lafayette cessèrent de déserter, et plusieurs déserteurs revinrent. Lafayette récompensa ses hommes en dépensant 2 000 livres de sa propre poche pour acheter des vêtements, des shorts, des chaussures, des chapeaux et des couvertures dont ils avaient cruellement besoin. Mais c'est son appel à leur fierté qui compta le plus.

L'idée n'aurait jamais effleuré l'esprit de Lafayette un an auparavant, au printemps 1780, lorsqu'il avait proposé une attaque d'une audace insensée contre la flotte britannique à New York. Le comte de Rochambeau, commandant des forces françaises en Amérique, lui avait alors fait remarquer qu'il s'agissait d'une tentative téméraire de gloire militaire (ce qui était le cas). Lafayette en tira les leçons. À l'été 1781, il parvint à acculer les forces britanniques à Yorktown précisément parce qu'il n'attaqua pas, tandis que Lord Cornwallis se retrouva dans une impasse.

Lorsque l'amiral de la flotte française arriva dans la baie de Chesapeake, au large de Yorktown, il affirma que ses forces et celles de Lafayette suffisaient à vaincre Cornwallis à elles seules. (Il avait probablement raison.) Lafayette, de plusieurs grades et de plusieurs décennies le cadet de l'amiral, savait pertinemment qu'il gagnerait davantage en gloire en n'attendant pas les troupes de Washington et de Rochambeau, et tout aussi conscient qu'il ne serait plus qu'un officier de second rang une fois celles-ci arrivées. Mais il repoussa l'amiral et patienta. Avouant son « profond attachement à ces troupes », il demanda seulement à Washington de lui en laisser le commandement. Il reconnaissait que l'enjeu dépassait sa seule gloire personnelle et que cette gloire était un mélange plus complexe qu'il ne l'avait jamais imaginé.

Après son accession à la présidence de la nouvelle nation, Washington ambitionnait de forger un caractère américain unique, un américanisme distinctif et respecté, tant au pays qu'à l'étranger. Lafayette, de retour en France après Yorktown, se mit à défendre les principes américains avec la ferveur d'un converti. Mais à la fin de la vie de Washington, la relation entre les deux hommes faillit se rompre sur une question qui, deux siècles plus tard, allait diviser la France et l'Amérique au sujet de la guerre en Irak : la pertinence d'imposer par la force les idéaux révolutionnaires.

La France de Napoléon menait cette expérience, et si Lafayette abhorrait l'autoritarisme de Bonaparte, il était enthousiasmé par les victoires françaises sur le champ de bataille. Washington, qui exhortait son pays à ne jamais « dégainer l'épée sauf en cas de légitime défense », était furieux de l'aventurisme militaire français, qui se faisait au détriment de la marine marchande américaine (une « querelle familiale », comme l'avait qualifiée Napoléon). Sa lettre fustigeant la France pour une telle conduite fut la dernière qu'il adressa à Lafayette. La réponse défensive de Lafayette fut la dernière qu'il adressa à Washington.

À la mort de Washington, en 1799, son refus de laisser l'Amérique s'enliser dans les guerres politiques sanglantes de l'Europe demeura l'un de ses plus importants héritages. Bien qu'il crût fermement aux principes américains dignes d'être exportés, il rejetait cette idée par principe autant que par pragmatisme. Sa politique de neutralité envers l'Angleterre et la France – largement interprétée comme un favoritisme envers l'ennemi au détriment de l'allié et une préférence pour la monarchie au détriment d'un gouvernement égalitaire – le priva de la renommée universelle dont il avait longtemps joui et lui valut les critiques les plus acerbes qu'il ait jamais subies. L' ouvrage Aurora de Benjamin Franklin Bache , son critique le plus virulent, le qualifia de tous les noms, de prisonnier faible de son cabinet à traître. Thomas Paine déclara, de façon restée célèbre : « Traître en amitié privée… et hypocrite en politique, le monde aura du mal à décider si vous êtes un apostat ou un imposteur ; si vous avez abandonné de bons principes, ou si vous en avez jamais eu. » Pour un homme aussi intolérant à la critique que Washington, de tels injures ont dû être insupportables.

Pourtant, sa politique de neutralité a non seulement épargné aux Américains l'implication dans la guerre franco-britannique, mais aussi le choix de soutenir l'un ou l'autre de ces pays comme modèles de gouvernement. Au fil des années, Washington avait trouvé une gloire plus grande encore, ou quelque chose de plus grand que la gloire elle-même, qui lui a permis de remporter sa victoire finale dans une campagne pour la paix, sans laquelle l'indépendance américaine n'aurait peut-être jamais été acquise.

Avec le temps, les mésaventures de Napoléon rapprochaient Lafayette de l'opinion de Washington sur l'exportation de la révolution par la force, mais il ne renonça jamais à soutenir les mouvements de libération à travers le monde. En France, il fut l'un des premiers chefs de file du mouvement réformateur prérévolutionnaire et fut nommé commandant général de la Garde nationale de Paris le 15 juillet 1789. Figure de proue des deux premières années « modérées » de la Révolution française, il rédigea la première version de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et inventa la cocarde tricolore, qui associait les couleurs de Paris au blanc Bourbon pour créer le symbole de la révolution républicaine. Cependant, il demeura fidèle à sa conviction que le gouvernement le mieux adapté à la France était une monarchie constitutionnelle, ce qui le mit en conflit avec Robespierre et contribua finalement à sa condamnation par contumace pour trahison. À cette époque, il commandait l'une des trois armées françaises déployées face à une invasion des forces austro-prussiennes. Lafayette était déjà retourné deux fois à Paris pour dénoncer le radicalisme jacobin devant l'Assemblée nationale, et plutôt que d'y retourner une troisième fois pour affronter une mort certaine à la guillotine, il franchit le seuil ennemi et purgea les cinq années suivantes en prison, suivies de deux autres en exil.

Lafayette revint en France en 1799, mais se tint à l'écart de la politique jusqu'en 1815, date à laquelle il fut élu à l'Assemblée nationale. À temps, son expérience révolutionnaire apporta un soutien indéfectible à la demande d'abdication de Napoléon après Waterloo. Lorsque le frère de l'empereur, Lucien Bonaparte, se présenta devant l'Assemblée pour dénoncer cette tentative comme celle d'une nation faible, Lafayette le fit taire. « De quel droit osez-vous accuser la nation de… manque de persévérance dans la défense de l'Empereur ? » demanda-t-il. « La nation l'a suivi sur les champs de bataille d'Italie, à travers les sables d'Égypte et les plaines d'Allemagne, à travers les déserts glacés de Russie… La nation l'a suivi dans cinquante batailles, dans ses défaites comme dans ses victoires, et ce faisant, nous devons pleurer le sang de trois millions de Français. »

Ceux qui étaient présents affirmèrent qu'ils n'oublieraient jamais ce moment. Certains, plus jeunes, furent surpris que Lafayette soit encore en vie. Ils ne l'oublieraient plus jamais. Quinze ans plus tard, à la tête d'une nouvelle révolution, à 72 ans, il instaura la « monarchie républicaine » de Louis-Philippe par un simple geste : l'envelopper dans un drapeau tricolore et l'embrasser – un « couronnement par un baiser républicain », comme le qualifia Chateaubriand. Bientôt, il s'opposerait à ce qu'il considérait comme un retour à l'autoritarisme, ce que Louis-Philippe ne lui pardonna jamais. À sa mort, en 1834, à 76 ans, Lafayette fut inhumé sous haute escorte, et aucun éloge funèbre ne fut autorisé.

Bien que sa réputation en Amérique soit restée stable, sa réputation en France a fluctué à chaque changement de gouvernement depuis 1789 (trois monarques, trois empereurs, cinq républiques). Aujourd'hui encore, les historiens de droite lui reprochent d'avoir « perdu » la monarchie des Bourbons, tandis que les historiens de gauche lui reprochent un manque de rigueur révolutionnaire. La Constitution de la Ve République, en vigueur depuis 1958, semble toutefois être le meilleur indicateur de son influence en France. Elle s'ouvre sur ces mots : « Le peuple français proclame solennellement son attachement aux droits de l'homme et au principe de la souveraineté nationale tels que définis par la Déclaration de 1789… L'emblème national est le drapeau tricolore bleu, blanc et rouge… Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. La souveraineté nationale appartient au peuple. »

James R. Gaines a été rédacteur en chef des magazines Time et People et a écrit plusieurs livres.

Copyright © 2007 par James R. Gaines. Adapté du livre For Liberty and Glory: Washington, Lafayette and Their Revolutions de James R. Gaines, publié par WW Norton & Company Inc.









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